Par : Besma Bouslimi
Plusieurs membres de notre équipe, soit Alexander Salenikovich, Félix Coulaud, Christopher Gagnon, Kiavash Gholamizoj et Ahmed Hassan, ont participé activement au congrès annuel 2026 de la Société canadienne de génie civil (CSCE), tenu du 3 au 5 juin 2026 à Québec. Cet événement scientifique d’envergure constitue l’un des principaux rendez-vous nationaux en génie civil, réunissant chercheurs, professionnels, étudiants et partenaires industriels autour des enjeux contemporains liés à la conception, à la durabilité et à la performance des infrastructures.
Dans un contexte où la décarbonation du secteur de la construction et l’utilisation accrue du bois d’ingénierie occupent une place stratégique, la participation de notre équipe a permis de mettre en valeur des travaux de recherche avancés, tout en renforçant les collaborations avec la communauté scientifique canadienne et internationale.
Les membres de notre équipe ont contribué de manière significative aux trois sessions thématiques consacrées aux structures en bois :
Ces sessions ont couvert un large éventail de sujets, incluant le comportement mécanique avancé du bois, la performance des assemblages, les méthodes expérimentales innovantes ainsi que les applications structurales à grande échelle. L’implication de notre équipe s’est distinguée non seulement par le nombre de contributions scientifiques, mais également par des rôles de leadership au sein des sessions techniques.

Félix Coulaud a présenté deux communications en tant qu’auteur principal, portant sur la performance des structures en bois et l’optimisation des systèmes d’assemblage. La première, intitulée Structural Characterization of White Pine Sandwich Beams for Log Wall Systems – Part 1: Flexural Behavior Characterization, traite du comportement en flexion de poutres sandwich en pin blanc utilisées dans les systèmes de murs. À partir d’essais expérimentaux et de modèles analytiques, l’étude caractérise la rigidité et la résistance en flexion, tout en analysant l’influence de la qualité de liaison entre les couches. Les résultats constituent une première base de caractérisation mécanique de ces éléments et confirment leur potentiel pour des systèmes de murs à la fois performants et isolants. La seconde communication, Structural Characterization of White Pine Sandwich Beams for Log Wall Systems – Part 2: Characterization of Screw-Connected Beam Assemblies, porte sur le comportement des assemblages de ces poutres reliées par vis. L’étude met en évidence le rôle clé de ces connexions dans le transfert des charges. Des essais expérimentaux ont permis d’évaluer leur rigidité, leur résistance ainsi que leur comportement charge–glissement en fonction des caractéristiques des vis. Les résultats améliorent la compréhension du comportement global des murs et fournissent des données essentielles pour la modélisation et l’optimisation de ces systèmes.
Christopher Gagnon a, pour sa part, contribué à une présentation portant sur le renforcement des assemblages en bois lamellé-collé par vis auto-taraudeuses (« Reinforcement of Dowel-Type Glulam Connections Loaded Parallel to the Grain Using Self-Tapping Screws »). L’étude met en évidence le comportement fragile de certains assemblages et démontre que l’ajout de vis STS permet d’améliorer significativement la ductilité et la dissipation d’énergie. Les résultats expérimentaux montrent également une augmentation de la capacité portante et un retard de la rupture grâce au développement de déformations plastiques, contribuant ainsi à l’amélioration de la sécurité et à l’évolution de la norme CSA O86.
Kiavash Gholamizoj, en collaboration avec Alexander Salenikovich, a présenté une étude sur la performance sismique des portiques contreventés en bois avec assemblages à goujons (« Energy-Based Damage Assessment of Timber Braced Frames with Dowel-Type Fasteners »). En s’appuyant sur un indice de dommage basé sur l’énergie et des analyses non linéaires, les résultats indiquent une faible probabilité d’effondrement et des niveaux de dommages généralement modérés, confirmant la pertinence de ces systèmes pour les régions sismiques modérées au Canada.
Ahmed Hassan, en collaboration avec Luca Sorelli, a présenté une communication intitulée « Strengthening Optimisation of Continuous RC Structures (525) », portant sur l’optimisation du renforcement des poutres continues en béton armé exposées à des environnements agressifs. L’étude propose une solution hybride combinant le R-UHPFRC dans les zones de moments négatifs et le système UHP-FRCM dans les zones de moments positifs. Des modèles par éléments finis et des abaques de dimensionnement démontrent que cette approche permet d’augmenter la capacité portante tout en préservant la ductilité des structures.
L’ensemble de ces contributions témoigne de la vitalité de la recherche menée au sein de l’équipe et de sa reconnaissance au sein de la communauté scientifique internationale.
Pour plus de détails sur ce congrès, veuillez consulter : https://www.xcdsystem.com/cscec/program/GfzsnF5/index.cfm?pgid=489
En marge du congrès, une visite technique a été organisée le 4 juin au centre de recherche sur les matériaux renouvelables (CRMR). Cette activité a réuni un groupe de professeurs et d’étudiants issus de plusieurs institutions de renom, notamment l’Université McGill, l’Université Queen’s, l’Université de Waterloo et l’Université Northern British Columbia, ainsi que le Conseil canadien du bois, pour un total d’environ 25 participants.
Cette visite a permis de découvrir les infrastructures expérimentales dédiées à la recherche sur les matériaux renouvelables et les systèmes structuraux en bois, tout en favorisant des échanges interdisciplinaires entre chercheurs et étudiants.
Au cours de cette activité, plusieurs démonstrations expérimentales ont été présentées en laboratoire. Coralie Offroy a présenté son projet de recherche ainsi que les résultats d’un essai destructif réalisé dans le cadre de sa maîtrise, mettant en évidence les mécanismes de rupture dans les assemblages structuraux en bois. Elle a également démontré le comportement d’un assemblage cloué testé en laboratoire mécanique, illustrant les phénomènes de glissement, de rigidité et de dissipation d’énergie propres à ce type de connexion.
Deux essais additionnels ont été présentés au laboratoire des charpentes sur du bois scié récupéré après un incendie forestier, réalisés par Samuel Lapierre dans le cadre de travaux de recherche sur la qualité du bois d’œuvre issu de perturbations naturelles dirigés par Isabelle Duchesne, chercheuse scientifique à Ressources naturelles Canada. Ces essais visaient à mieux comprendre les propriétés mécaniques résiduelles du bois post-feu, un enjeu de plus en plus pertinent dans un contexte d’intensification des perturbations climatiques.

Les activités techniques se sont poursuivies par des visites de terrain permettant aux participants d’observer des réalisations structurales majeures en bois. Les groupes ont notamment visité le Stade TELUS–Université Laval ainsi que le complexe sportif PEPS de l’Université Laval.
Ces infrastructures ont offert une occasion concrète d’observer l’application des principes de conception des structures en bois dans des ouvrages complexes, combinant performance mécanique, efficacité structurale et intégration architecturale. Elles ont également mis en lumière le rôle croissant du bois dans les projets d’infrastructures publiques à grande échelle.

La participation de nos membres au congrès CSCE 2026 et aux activités associées a permis de renforcer la visibilité des travaux en cours, d’approfondir les collaborations scientifiques et de contribuer activement aux discussions sur l’avenir des structures en bois au Canada. Au-delà des présentations scientifiques, ces activités ont également favorisé le transfert de connaissances entre institutions, la formation de la relève étudiante et la consolidation de réseaux de recherche dans un domaine en pleine évolution. Cette participation confirme l’engagement continu de notre équipe envers l’excellence en recherche, le développement de solutions structurales durables et l’avancement des connaissances en ingénierie du bois.