Antony Beaulieu, Isabel Cristina Gomez Garcia et Luc Girompaire ont participé à la 3rd NextGen Wood Conference 2026, tenue du 3 au 6 mai au Château Lacombe à Edmonton, dans le cadre des initiatives du Canadian Wood Construction Research Network (CWCRN). Cet événement international a mis en avant les avancées en ingénierie du bois, préfabrication et performance énergétique des bâtiments.
Lors de cet événement, les trois chercheurs se sont distingués par la qualité et la pertinence de leurs contributions, illustrant le dynamisme de la recherche et de l’innovation en construction bois, tout en renforçant la visibilité de leur expertise au sein de la communauté scientifique et professionnelle.

Isabel Cristina Gomez Garcia a présenté ses travaux doctoraux réalisés sous la direction de Pierre Blanchet, portant sur l’intégration de l’empreinte environnementale dans la conception des bâtiments en bois. Son intervention a souligné la nécessité de dépasser les approches traditionnelles centrées uniquement sur la performance énergétique ou les exigences techniques, afin d’intégrer de manière systématique des indicateurs environnementaux dès les premières étapes de conception. Elle a notamment présenté le développement d’un modèle d’évaluation environnementale adapté au contexte canadien, visant à mesurer de façon rigoureuse l’empreinte des bâtiments en bois, avec une attention particulière portée au carbone intrinsèque. Ce modèle repose sur une approche multicritère combinant l’analyse du cycle de vie, des matrices d’impacts environnementaux, des simulations numériques et des méthodes d’évaluation comparatives. Il s’appuie également sur un examen approfondi des normes et certifications reconnues, telles que LEED, BOMA BEST ou encore le Code national de l’énergie pour les bâtiments. À travers cette démarche, elle a mis en évidence l’importance d’une conception intégrée de l’enveloppe du bâtiment, permettant non seulement d’optimiser la performance thermique et l’efficacité énergétique, mais aussi de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie. Son approche vise ainsi à combler les lacunes actuelles du Code national du bâtiment du Canada en matière d’intégration des enjeux environnementaux, tout en offrant un outil concret pour orienter les pratiques vers des solutions bas carbone. Son intervention a démontré que l’intégration de ces outils dès la phase de conception constitue un levier essentiel pour positionner la construction bois comme une solution centrale dans la transition vers des bâtiments durables et résilients.  Consultez ce lien pour en savoir plus sur sa recherche.
Sous la direction de Christian Dagenais, Antony Beaulieu a présenté ses travaux de maîtrise sur la caractérisation du taux de carbonisation du bois en conditions d’incendie réalistes, un enjeu crucial pour la sécurité des structures en bois massif. Son intervention a mis en lumière les limites des approches actuelles de conception, qui reposent généralement sur des taux de carbonisation constants issus d’essais normalisés et ne tenant pas compte des conditions thermiques et de ventilation propres aux incendies réels. À travers un programme expérimental multi-échelles, combinant essais en laboratoire à petite échelle et tests intermédiaires sur des panneaux de bois lamellé-croisé (CLT), il a démontré que le taux de carbonisation varie significativement en fonction du flux thermique incident et de la concentration en oxygène. Les résultats montrent notamment une augmentation logarithmique du taux de carbonisation avec l’intensité du flux thermique, ainsi qu’une diminution linéaire lorsque la concentration en oxygène diminue. Sur la base de ces observations, il a proposé une équation empirique permettant d’estimer plus précisément la profondeur de carbonisation dans des conditions d’incendie réalistes. Cette approche offre une meilleure concordance avec les résultats expérimentaux et ouvre la voie à des méthodes de conception basées sur la performance, plus représentatives du comportement réel du bois en situation d’incendie. Ses travaux contribuent ainsi à améliorer la précision des modèles de calcul et à soutenir une utilisation sécuritaire et accrue du bois apparent dans la construction moderne. Lire plus sur son projet  ici.
Luc Girompaire a présenté son expertise sur les procédés constructifs avancés et la préfabrication, en mettant l’accent sur la performance au feu des connexions modernes en bois massif, notamment les assemblages dissimulés de plus en plus utilisés en Amérique du Nord. Ses travaux doctoraux, réalisés sous la direction de Christian Dagenais et Alexander Salenikovich, portent sur l’influence des paramètres géométriques et de l’orientation du fil du bois sur la propagation de la carbonisation dans les assemblages. S’appuyant sur un programme expérimental rigoureux à échelle intermédiaire, il a étudié l’effet de paramètres clés tels que la largeur des interstices entre éléments et l’orientation du fil du bois sur la propagation thermique et la pénétration de la carbonisation. Les résultats montrent que l’augmentation des jeux entre éléments entraîne une intensification de la pénétration du charbon au sein des joints, ce qui peut affecter la performance globale des connexions en situation d’incendie. Par ailleurs, les configurations longitudinales présentent une carbonisation plus importante que les configurations transversales, soulignant le rôle déterminant du détail constructif dans la conception des assemblages. Ces observations mettent en évidence les limites des modèles de calcul nord-américains actuels, tout en confirmant leur potentiel d’amélioration. Elles contribuent à une meilleure compréhension des mécanismes de dégradation thermique dans les connexions en bois massif et au développement de méthodes de conception plus précises et performantes. En intégrant ces avancées aux pratiques de préfabrication, cette approche renforce la qualité, la sécurité et la reproductibilité des éléments constructifs, tout en soutenant le déploiement à grande échelle de solutions en bois dans un contexte de construction durable et industrialisée. Pour en savoir plus sur son projet, consultez ce lien.
Appuyée par le programme d’aide à la mobilité étudiante du CRMR, la participation d’Antony Beaulieu et de Luc Girompaire à cet événement international a constitué une occasion privilégiée de perfectionnement scientifique et de rayonnement académique. Elle a également permis de mettre en valeur l’excellence de leur institution ainsi que la contribution significative de leurs travaux aux avancées en construction bois et en ingénierie de la performance.
La 3rd NextGen Wood Conference 2026 a réuni chercheurs, ingénieurs, décideurs et acteurs de l’industrie autour de sessions techniques et d’ateliers consacrés aux innovations en construction bois, à la préfabrication, à la rénovation durable et à la réduction de l’empreinte carbone des bâtiments. Au-delà de son programme scientifique, l’événement a constitué une plateforme stratégique de réseautage, favorisant des échanges directs entre milieux académiques, industriels et institutionnels. Ces interactions ont permis de consolider des collaborations existantes, d’en initier de nouvelles et de faire émerger des perspectives de projets innovants à différentes échelles.
Dans ce contexte, la conférence confirme le rôle central du bois comme matériau clé de la transition vers une construction durable et à faible empreinte carbone. En mettant en lumière des travaux tels que ceux d’Antony Beaulieu, Isabel Cristina Gomez Garcia et Luc Girompaire, l’événement illustre l’importance de la recherche interdisciplinaire et de la collaboration entre les différents acteurs du secteur pour accélérer l’innovation et soutenir le développement de solutions constructives performantes et durables.
Félicitations à Antony, Isabel et Luc pour leur brillante participation à cette conférence de renommée internationale et pour l’excellence des travaux qu’ils y ont présentés.