Participation remarquable des étudiants du CRMR au colloque du Centre d’étude de la forêt!
1 juin 2026
La participation des étudiantes et étudiants du CRMR au colloque du Centre d’étude de la forêt a été particulièrement marquante. Au total, 14 étudiant·e·s du CRMR ont pris part à cet événement, illustrant de manière éloquente la vitalité, l’engagement et la qualité de la recherche étudiante au sein du centre.
Tenu du 25 au 27 mai 2026, ce colloque, rendez-vous scientifique majeur en sciences forestières, a réuni chercheur·euse·s, professionnel·le·s et étudiant·e·s autour des enjeux actuels liés aux écosystèmes forestiers, à leur dynamique et à leur gestion durable. Il a constitué un espace d’échanges privilégié, propice au partage des connaissances et aux discussions scientifiques.
Les communications par affiches scientifiques ont mis en valeur des travaux de grande qualité. Les projets présentés par Léna Mazuryk, Véronique Mongrain, Louis-Lou Tardif Samson, Gabriel Bolduc, Ariadna Rodriguez Chamorro et Daphné Rose Courtès se sont démarqués par leur rigueur méthodologique, la pertinence des problématiques abordées et la clarté de leur communication visuelle. Ces contributions ont su capter l’intérêt du public scientifique grâce à leur ancrage dans des enjeux actuels en écologie et en aménagement forestier. Une mention spéciale est décernée à Léna Mazuryk, lauréate du premier prix d’affiche scientifique, distinction qui souligne l’excellence de son travail, la solidité de sa démarche scientifique et sa capacité à rendre accessibles des résultats complexes.
Les présentations orales ont également constitué un moment fort du colloque. Les travaux de David Voyer, Sanjoy Roy, Antoine Harel, Marie-Anne Michaud-Valcourt, Joao Paulo Czarnecki de Liz, Maël Bacon, Florence Leduc et Xavier Archambault ont été présentés avec assurance, clarté et maîtrise. Ces communications se sont distinguées par la qualité de leur structuration, la rigueur de l’analyse et la pertinence des résultats présentés. Les échanges avec l’auditoire ont par ailleurs témoigné de l’actualité et de la solidité scientifique de leurs recherches, suscitant des discussions enrichissantes.
Dans l’ensemble, cette participation illustre non seulement l’engagement soutenu des étudiant·e·s dans leurs projets de recherche, mais également la reconnaissance croissante de la qualité scientifique des travaux menés au CRMR. Elle contribue à renforcer la visibilité du centre au sein de la communauté scientifique forestière et à mettre en valeur la relève en recherche.
👏 Bravo à toutes et à tous pour ces excellentes contributions et cette belle représentation du CRMR ! 🌱

Titres et résumés des communications orales et des affiches
Stocks de carbone aériens plus élevés dans les forêts de bordure – Antoine Harel (doctorat, UL), Evelyne Thiffault (UL), David Paré (RNCan-SCF-CFL), Guillaume Moreau (UL), Alexis Achim (UL), Florence Leduc (UL) et Maude Larochelle (Hydro-Québec)
À l’échelle mondiale, les activités humaines ont considérablement fragmenté les paysages forestiers, ce qui fait que plus de 20 % des forêts restantes sont situées à moins de 100 mètres d’une lisière. Les forêts adjacentes aux perturbations subissent des effets de bordure qui peuvent affecter le stockage du carbone aérien en modifiant la structure forestière. Notre objectif principal était d’évaluer les stocks de carbone aérien et leurs facteurs déterminants à la lisière des forêts sur un large gradient bioclimatique de sites dans les forêts tempérées et boréales de l’est du Canada, en utilisant les emprises des lignes électriques comme étude de cas. Nous avons quantifié les stocks de carbone contenus dans les arbres vivants et morts et mesuré la croissance des arbres dans les forêts adjacentes aux emprises des lignes électriques. Par rapport aux forêts de référence (à plus de 50 m de l’emprise), les stocks de carbone aérien à la lisière des forêts (à moins de 20 m) étaient jusqu’à 60 à 75 % plus élevés dans les forêts boréales d’épinettes, 30 % plus élevés dans les forêts tempérées, mais seulement 2 % plus élevés dans les forêts boréales de sapins. Les stocks de carbone plus élevés étaient liés à une densité accrue du peuplement, et donc à une surface terrière plus importante, plutôt qu’à un diamètre plus grand des arbres. Les effets de lisière sur les caractéristiques des arbres (diamètre, hauteur totale, longueur et surface de la couronne, et accroissement de la surface terrière) ne présentaient pas de tendance claire et dépendaient des caractéristiques de la forêt. Aucun effet de lisière n’a été observé dans un peuplement où une emprise avait été récemment établie (moins de trois ans), ce qui suggère que l’ampleur de l’effet de lisière varie dans le temps. Cette étude permettra d’améliorer l’évaluation de l’empreinte carbone des paysages forestiers fragmentés.
L’utilisation intégrée de la télédétection et de la dendrochronologie pour évaluer la croissance forestière – Florence Leduc (doctorat, UL), Nicholas Coops (Université of Brithish Columbia), Alexandre Morin-Bernard (UL), Guillaume Moreau (UL) et Alexis Achim (UL)
Il est essentiel de comprendre la croissance des forêts et leur réponse au climat pour faire le suivi de la dynamique du carbone et pour guider l’aménagement forestier dans un contexte de changement climatique. La télédétection et la dendrochronologie sont deux méthodes qui offrent des perspectives complémentaires sur la croissance des forêts, l’une mesurant l’activité photosynthétique du feuillage avec les indices de végétation, l’autre l’accumulation de carbone dans le bois avec les largeurs de cernes. L’intégration de la télédétection et de la dendrochronologie améliore la compréhension des processus de croissance en reliant l’activité photosynthétique (activité source) à l’allocation du carbone à la croissance (activité puits). Leurs échelles et résolutions spatiales complémentaires améliorent également le suivi de la croissance en permettant d’effectuer des mesures précises à grande échelle. Nous souhaitons évaluer le potentiel combiné de la télédétection et de la dendrochronologie dans la surveillance de la croissance forestière en passant en revue 78 études multidisciplinaires qui intègrent ces deux disciplines. Nous présentons une sélection d’études pertinentes et certains résultats clés sont mis en évidence. Nous résumons les études, en examinant leurs approches méthodologiques, et décrivons ensuite les défis et les opportunités de développement dans ce domaine multidisciplinaire. Notre étude révèle un intérêt croissant pour la combinaison de la télédétection et de la dendrochronologie, avec diverses applications, que nous avons regroupées en trois domaines de recherche principaux : (1) l’évaluation des relations interannuelles entre la largeur des cernes, les indices de végétation et le climat ; (2) l’évaluation des tendances de croissance; et (3) l’évaluation des réponses aux perturbations et aux événements climatiques extrêmes. De nombreuses études rapportent des relations interannuelles positives fortes entre la largeur des cernes et les indices de végétation, mais les recherches sur les tendances de croissance montrent des résultats plus variables.
Automatiser la cartographie écoforestière par la télédétection : une alternative à la photo-interprétation ?– Maël Bacon ( Baccalauriat, UL), Francis Lessard (UL), Pierre-Yves Tremblay (UL), Alexis Achim (UL) et Alexandre Morin-Bernard (UL)
La cartographie écoforestière est un outil central pour la gestion durable des forêts, mais elle repose encore largement sur des méthodes de photo-interprétation subjectives, coûteuses en temps et en ressources humaines. Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre spécialisée, le développement de méthodes automatisées basées sur la télédétection représente une alternative prometteuse. Cette étude vise à évaluer la performance de cartographies écoforestières générées à l’aide d’un algorithme de segmentation d’image appliqué à des données de télédétection. Nous avons produit une dizaine de cartographies différentes pour deux unités d’aménagement forestier contrastées de l’Ontario, la Romeo Malette Forest (forêt boréale) et l’Ottawa Valley Forest (forêt tempérée mixte), à partir de différentes combinaisons de variables dérivées du LiDAR et de l’imagerie satellitaire. Les paramètres de segmentation ont été ajustés afin de délimiter les peuplements de manière comparables à la cartographie écoforestière gouvernementale ontarienne en termes de superficie, de périmètre et de forme. Nous avons ensuite évalué de manière indépendante les différentes cartographies à l’aide de données LiDAR acquises par drone sur des superficies représentatives de la variabilité forestière globale de nos unités d’aménagement. Pour ce faire, nous avons adapté une approche d’analyse de dissimilarité par fenêtre mobile scindée afin de détecter des frontières écologiques au sein de nos données LiDAR indépendantes. Nous avons évalué la performance de chaque modèle pour un même territoire forestier et avons comparé le résultat de chaque modèle à celui de la cartographie écoforestière gouvernementale à l’aide de la même technique. Cette recherche propose un cadre quantitatif d’évaluation des cartographies forestières et souligne le potentiel d’automatisation pour en faciliter la production. Nos résultats montrent que la cartographie basée sur la télédétection atteint des performances comparables à celle issue de la photo-interprétation et qu’il s’agit d’une approche rapide, flexible et reproductible, adaptée aux besoins en constante évolution des aménagistes.
Beyond Single Species: Using Community Suitability to Inform Climate Adaptation in the Boreal-Temperate Ecotone – Joao Paulo Czarnecki de Liz (Doctorat, UL), David Voyer (UL), Nelson Thiffault (RNCan-SCF-CCFB), Nicholas Coops (Université de la Colombie-Britannique), Alexis Achim (UL)
Climate change necessitates proactive adaptive forest management strategies. These strategies must consider not only how individual species will be affected but also how each species contributes to community-level dynamics that, in turn, influence its ability to persist. Traditional Species Distribution Models are useful for identifying species’environment relationships, yet they often overlook the community context, limiting their applicability for designing resilient future forests. Here, we address this gap by developing a community-centric framework using a Joint Species Distribution Model based on Hierarchical Modeling of Species Communities with Bayesian inference. Using data from 5,752 permanent ground plots of the fourth provincial forest inventory (below 52nd parallel), we modeled the distributions of 13 dominant tree species in Quebec, Canada. We introduce the Community Suitability Index, which aggregates species occurrence probabilities to project the viability of entire forest assemblages under future climate scenarios. Our model showed high predictive accuracy (mean AUC = 0.93). Variance partitioning confirmed that climate, particularly temperature, is the primary driver (38% of explained variance), while other soil, climate, and topographic variables accounted for an additional 32%. Significant residual cooccurrence patterns (30%) highlighted the influence of biotic interactions and unmeasured local factors. Under SSP3-7.0, projections indicated northward expansion of temperate hardwoods communities (e.g balsam fir – yellow birch) and contraction of boreal conifers (black spruce-moss). This community-level approach provides a robust, ecologically grounded tool for assessing climate vulnerability and informing adaptive strategies. The framework, operationalized in the Tree Community-Assisted Migration Simulator, enables managers to move beyond single-species predictions and design more resilient future forests.
Vers une nouvelle méthode de sélection des arbres à récolter en forêt feuillue: peut-on concilier production de bois de qualité et vigueur des peuplements? – David Voyer (postdoctorat, UL), Daphné Rose Courtès (UL), Guillaume Moreau (UL), Filip Havreljuk (MRNF), Alexis Achim (UL)
Un nouveau système de classification des tiges sur pied, basé sur la cime des arbres, a récemment été proposé afin d’améliorer l’évaluation de la vigueur des arbres et de simplifier l’identification préalable de ceux à récolter lors d’une coupe partielle en forêt feuillue. Bien qu’il ait montré des résultats prometteurs en contexte de simulation, ce système n’avait encore jamais été testé en contexte industriel. Afin d’obtenir une démonstration empirique de la capacité de ce système à améliorer la vigueur résiduelle des arbres et la production de bois de qualité, un dispositif comprenant 16 unités expérimentales a été mis en place avec quatre répétitions pour chacun des systèmes de sélection considérés: le système actuellement utilisé (MSCR), un système basé sur la protection de l’érable à sucre (MSS), le nouveau système vigueur-qualité proposé (VQ) ainsi que des unités témoins sans intervention. Un large éventail de variables, tant à l’échelle de l’arbre qu’à celle du peuplement, a été mesuré. Les arbres sélectionnés selon ces systèmes ont ensuite été récoltés, puis les billes produites ont été évaluées pour estimer leur qualité. Le système VQ semble améliorer la vigueur résiduelle des peuplements de manière comparable au système MSCR, tout en générant une quantité significativement plus élevée de bois destiné au sciage à l’échelle du peuplement (p = 0.02). En termes de produits du bois potentiels, le système VQ apparaît en mesure de fournir un plus grand volume de planches de haute qualité chez l’érable à sucre, surpassant significativement le système MSCR pour deux catégories de produits. Ainsi, ce nouveau système de sélection des tiges présente un potentiel notable pour concilier la récolte d’arbres de qualité et l’amélioration de la vigueur des peuplements feuillus. Les prochaines étapes viseront à intégrer des outils de télédétection afin d’optimiser davantage la sélection des arbres.
A new tool for analysing irregular forest dynamics under novel stressors and climate change: validation of HETEROFOR, a spatially explicit process-based model for eastern Quebec forests – Sanjoy Roy (Doctorat), Evelyne Thiffault (UL), Frédérik Doyon (UQO), Stéphane Tremblay (MRNF), Arthur Guignabert (Université catholique de Louvain), Frédérick André (Université catholique de Louvain), Mathieu Jonard (Université catholique de Louvain)
The oversimplification of forest structure via the long-decade clear-cut silviculture in the east boreal forests have raised concerns about future forest productivity and resilience. Continuous-cover (irregular-based) silviculture is being promoted as alternative strategies to clear-cut, but their compatibility and effectiveness under novel environmental stressors (i.e., draught, heat stress etc.) for long-term wood production and ecosystem productivity remains under evaluated. We addressed this gap by calibrating and validating a process-based tree-scale model HETEROFOR in the balsam fir-birch bioclimatic domain in Quebec– which is spatially explicit, adapted to irregular forest structure and capable of evaluating forest functional and carbon dynamics under contrasting climate projections. This study contributed to construction and improvement of the model’s regeneration and mortality module. Validation results in the east boreal sites in Forest Montmorency have shown the model produced plausible recruitment values, with no significant difference from the observed ones- expressed as basal area gain (m² ha⁻¹ per 10 years) in balsam fir (p = 0.563) and white birch (p = 0.182) species. Stand mortality-defined as accumulation of individual mortality from wind-damaged and standing dead trees (m² ha⁻¹ per 10 years)- have shown significant correlation of the observed and predicted values (Pearson’s r = 0.87, p < 0.001, N = 69) across all plots and treatments (i.e., control and partial cut). Stand growth have also shown excellent correlation of the observed and predicted BAI (m² ha⁻¹ per 10 years) in both control (Pearson r = 0.928; p < 0.001) and partial-cut plots (Pearson r = 0.921; p < 0.001). The model can be used as a reliable tool to analyze stressors and disturbance effect upon cavitation and dieback, transpiration changes, heat stress, ecosystem productivity etc. in relation to stand’s edaphic conditions as well the relative effects from climate-adaptative silviculture under future climate projections.
L’empreinte carbone biogénique des réseaux de transport électrique dans les zones forestières – Xavier Archambault (Maîtrise, UQAC), Evelyne Thiffault (UL), Alexis Achim (UL), Maude Larochelle (Hydro-Québec), Jean-François Boucher (UQAC)
Contexte Le réseau électrique québécois s’étend sur 34 000 km, dont les emprises couvrent 170 000 ha, majoritairement en forêt. L’inventaire canadien les classe comme « settlements », supposant une libération totale du carbone, une surestimation. Les emprises conservent du carbone dans les sols et une régénération végétale y prend place. Objectifs Cette étude utilise des modèles empiriques pour estimer la dynamique des stocks de carbone dans les emprises après leur création et leur entretien mécanique. Elle intègre la région écologique, le temps depuis le dernier traitement, l’âge de l’emprise et la régénération végétale afin de corriger les surestimations des inventaires nationaux. Méthodes Des chronoséquences ont été établies dans six régions écologiques. Soixante-neuf parcelles, réparties sur 27 sites traités mécaniquement (la méthode la plus courante au Québec), représentent trois stades : récemment traités, intermédiaires et prétraitement. Les stocks de carbone (litière, herbacée, arbustes, arbres, bois mort, sol) sont mesurés selon les protocoles nationaux d’inventaire forestier. Résultats Les données préliminaires montrent une baisse du carbone après le déboisement, suivie d’une récupération. Des sites au sud du Québec suivis sur 3 à 4 ans révèlent des tendances de régénération précoce. La capacité de récupération a été estimée grâce à une chronoscéquence de 13 ans dans le domaine bioclimatique de la pessière à mousse. Les résultats contredisant la classification actuelle des emprises comme « settlements » dans l’inventaire canadien des GES. Implications Ce projet fait partie des rares études à analyser la dynamique du carbone dans des écosystèmes maintenus en stade de régénération constante. Il permettra d’affiner l’empreinte carbone de l’hydroélectricité québécoise (34,5 g CO’e/kWh) et d’améliorer l’inventaire national des GES en intégrant la dynamique réelle des emprises. Il s’inscrit pleinement dans l’axe III du CEF : Fonctionnement, dynamique et services des écosystèmes forestiers, notamment dans les thématiques Régénération forestière et Services écologiques (partenaire : Hydro-Québec).
Analyse multidisciplinaire des impacts des perturbations partielles sur la forêt boréale du Québec – Marie-Anne Michaud-Valcourt (maîtrise, UL), Alexandre Morin-Bernard (UL), Guillaume Moreau (UL)
Sous le régime des changements globaux, l’étude des dynamiques des perturbations partielles s’avère pertinente pour adapter les pratiques de gestion. Ces dynamiques sont régulièrement étudiées grâce à la dendrochronologie. Afin de les caractériser sur un plus vaste territoire, des études récentes ont démontré la pertinence d’une approche multidisciplinaire combinant dendrochronologie et télédétection.L’effet des perturbations partielles étant plus subtil sur la canopée, l’application de cette approche s’est principalement concentrée sur des peuplements purs et équiens d’épinette noire situés sur un territoire limité. L’objectif est de développer un outil de détection des perturbations partielles pour l’entièreté de la forêt boréale québécoise et que celui-ci soit applicable aux peuplements purs de sapin baumier et d’épinette noire ainsi qu’aux peuplements mixtes de ces deux espèces. Des séries de croissance issues des inventaires écoforestiers du Québec seront mises en relation avec l’imagerie satellitaire et avec des données climatiques historiques. À partir de ces variables, des modèles de prédiction, tant conventionnels que fondés sur l’apprentissage machine, seront élaborés afin d’estimer les variations de croissance.Il est attendu que les modèles développés pour l’épinette noire diffèrent de ceux du sapin baumier, en raison de leurs différences écophysiologiques et de leurs réponses différées aux perturbations. Les sapins baumiers sont plus sensibles à la défoliation par les insectes ravageurs, tandis que les épinettes noires réagissent davantage aux stress climatiques. L’application aux peuplements mixtes étant donc limitée, l’approche se reposera sur l’utilisation successive des modèles propre à chaque espèce. Il est aussi anticipé que la prédiction des stress climatiques soit moins performante, leurs impacts sur la canopée étant plus faibles.Ce projet améliorera la compréhension de l’impact des perturbations partielles sur la croissance de la forêt boréale et permettra d’identifier les peuplements les plus vulnérables au Québec afin d’orienter les décisions sylvicoles pour maintenir la santé des écosystèmes.
Détecter les seuils de perturbations forestières dans les habitats de truites indigènes de l’alberta grâce au LiDAR et aux macroinvertébrés benthiques – Léna Mazuryk (UL), Benjamin Kissinger (fRI Research), Timothy Jardine (University of Saksatchewan) et Alexis Achim (UL).
Dans les rivières boréales de l’Alberta, les populations de truites indigènes déclinent sous l’effet cumulé de perturbations naturelles et anthropiques. Pour soutenir la gestion et la conservation de ces milieux, ce projet vise à déterminer des seuils de perturbations forestières, incluant feux de forêt, coupes forestières et sentiers de véhicules tout-terrain, au delà desquels la qualité de l’habitat des truites se dégrade. Pour cela, notre méthode intègre des indicateurs biotiques, hydrologiques et forestiers sur 24 sites couvrant un gradient de perturbation. Les communautés de macroinvertébrés benthiques sont décrites à partir de mesures d’abondance, de diversité et d’analyses isotopiques (C/N), afin de caractériser leur composition et leurs ressources trophiques. En parallèle, des métriques LiDAR acquises à l’échelle du site (drone) et du bassin versant (avion) décrivent la structure forestière et l’intensité des perturbations. Les analyses en cours évaluent la capacité de ces variables à distinguer les niveaux de perturbation et à identifier des seuils utiles pour la conservation. Les analyses hydrologiques préliminaires indiquent une température de l’eau plus élevée aux sites brûlés (+2,6°C) et aux sites coupés puis brûlés (+3,8°C) qu’aux sites sans perturbation récente, tandis que les effets de la coupe seule et des sentiers sont négligeables. Sur le plan biotique, une augmentation du niveau de perturbation pourrait se traduire par des communautés benthiques plus abondantes mais moins diversifiées, en raison de la perte de taxons sensibles. Une perturbation accrue pourrait aussi accroître la dépendance aux ressources allochtones, liée à l’altération des bandes riveraines, avec des variations entre groupes fonctionnels. Les données finales, disponibles au printemps 2026, permettront de comprendre comment les gradients de perturbation influencent la composition des communautés benthiques et leurs sources d’énergie, afin d’évaluer la qualité des habitats utilisés par les truites. Ce travail contribuera à l’élaboration de protocoles directement applicables à l’aménagement forestier en contexte boréal.
Évaluation du potentiel de séquestration en carbone des plantations en milieux routiers – Véronique Mongrain (doctorante, UL), Evelyne Thiffault (UL), Jean-François Boucher (UQAC)
Le reboisement des bords de routes et des bretelles autoroutières du Québec pourrait accroître la quantité de carbone séquestrée dans le sol et la végétation et ainsi contribuer à atténuer les changements climatiques. Toutefois, les milieux routiers sont des milieux perturbés qui présentent des conditions environnementales et physicochimiques particulières qui peuvent être hostiles à l’établissement et à la croissance des arbres. Encore aujourd’hui, il subsiste des incertitudes en ce qui concerne les pratiques sylvicoles qui influent sur la croissance des plantations et les stocks de carbone contenus dans les milieux routiers. Méthodologie : Environ 16 000 arbres répartis dans 14 sites routiers du sud du Québec ont été plantés en 2021. Pour chaque site témoin/traité, il sera question de (1) prélever et analyser des échantillons de biomasse et de sol (2) quantifier le carbone séquestré dans les différents réservoirs selon divers scénarios de reboisement et d’aménagement. (3) Comparer les résultats aux données initiales et estimer les stocks futurs à l’aide du logiciel CBM-CFS3. Résultats escomptés. Ce nouveau projet de recherche permettra : (1) de connaître le taux de survie et de croissance de chacune des 6 espèces utilisées pour le reboisement en milieu routier; (2) de connaître l’espèce qui présente le plus grand potentiel d’établissement en fonction de différentes conditions édaphiques et techniques d’aménagement; (3) de connaître l’impact de différentes techniques de préparation du sol sur la dynamique du carbone dans le sol et de déterminer quelles espèces arborescentes et techniques d’aménagement permettent de séquestrer le plus de carbone dans les milieux routiers. Retombées: Les connaissances acquises dans le cadre de ce projet pourront être converties en conseils pratiques auprès des gestionnaires du territoire qui pourront s’appuyer sur des données réelles pour faire des choix éclairés sur les essences à planter et les stratégies d’aménagement à utiliser pour maximiser la quantité de carbone séquestré dans les milieux routiers.
Évaluation de l’empreinte carbone biogénique des lignes de transport d’électricité traversant les milieux forestiers à l’aide du LiDAR aéroporté – Louis-Lou Tardif-Samson (maîtrise, UL), Alexandre Morin-Bernard (UL), Evelyne Thiffault (UL), Maude Larochelle (Hydro-Québec), Yann Chavaillaz (Hydro-Québec)
Les emprises de lignes électriques constituent des perturbations anthropiques majeures influençant la dynamique du carbone forestier. Le réseau de transport d’Hydro-Québec s’étend sur plus de 35 000 km et traverse les domaines bioclimatiques de la province, maintenant une végétation arbustive basse pour des raisons de sécurité. La mise à l’échelle des études terrain pour évaluer l’empreinte carbone globale de ces réseaux demeure un défi méthodologique majeur, limitant leur intégration dans les bilans carbone provinciaux. Ce projet vise à développer des estimations spatialement explicites des stocks de carbone dans les emprises, lisières et forêts adjacentes en combinant LiDAR aéroporté, inventaires terrain et imagerie satellitaire. Les objectifs sont de quantifier les gradients de biomasse entre zones, développer des modèles prédictifs LiDAR’carbone calibrés le long d’un gradient bioclimatique provincial, et cartographier l’empreinte carbone à l’échelle du réseau. L’étude repose sur 17 sites couvrant cinq domaines bioclimatiques. Des placettes de 400 m² positionnées perpendiculairement aux lignes de transport permettent de mesurer la biomasse selon trois zones : emprise, lisière (30 m) et forêt témoin (60 m). Ces données sont couplées à des acquisitions LiDAR de faible intensité (~10 pts/m²) couvrant 2 770 km de corridors. Des métriques structurales seront et reliées à la biomasse via des modèles statistiques. L’approche par zones permettra ensuite de cartographier la biomasse à résolution fine (10-20 m) sur l’ensemble du réseau. Cette recherche produira des cartes continues permettant de quantifier l’empreinte carbone totale et d’identifier les secteurs selon les caractéristiques bioclimatiques. Elle fournira une méthodologie reproductible reliant métriques LiDAR et stocks de carbone dans les écosystèmes forestiers traversés par des infrastructures linéaires. Les résultats amélioreront la compréhension des perturbations linéaires sur la dynamique du carbone forestier et informeront le développement futur de ces infrastructures, contribuant aux bilans carbone d’Hydro-Québec et aux stratégies de gestion durable.
Réponse du microbiome à la gestion de végétation dans une forêt boréale mixte – Ariadna Rodriguez Chamorro (maîtrise professionnelle, UL), Dennis Alejandro Escolástico Ortiz (Université Laval), Marie Josée Morency, Patrick Gagné, Jérôme Laganière, Michael Hoepting (RNCan-SCF-CFGL), Evelyne Thiffault (UL), Nelson Thiffault (RNCan-SCF-CCFB) et Christine Martineau (RNCan-SCF-CFL)
La forêt boréale mixte allie une forte valeur commerciale à une biodiversité riche. Après la coupe, la plantation de conifères est souvent nécessaire pour maintenir la composante résineuse des peuplements. Le succès d’établissement des plants est influencé par la concurrence végétale; la gestion de la végétation s’avère souvent nécessaire. Or, la modification de la végétation et, potentiellement, de la teneur en matière organique du sol pourraient affecter le microbiome du sol, crucial pour les cycles biogéochimiques. Nous posons l’hypothèse que l’intensité de la maîtrise de la végétation lors des premières années d’une plantation d’épinette blanche modifie la diversité et altère la composition du microbiome du sol. Nous avons ainsi évalué la réponse du microbiome à un gradient d’intensité de gestion de la végétation appliquée sur un site en forêt boréale mixte (Timmins, Ontario). Quinze ans après la fin des traitements, nous avons réalisé des inventaires de végétation et prélevé des échantillons de sol pour mesurer leurs propriétés physico’chimiques et caractériser les communautés bactériennes et fongiques par une approche de métabarcodage de l’ADN du sol. Nos résultats montrent que la maîtrise complète des espèces ligneuses entraîne une restructuration marquée de la communauté fongique et, dans une moindre mesure, de la communauté bactérienne. En revanche, une maîtrise ciblée autour des épinettes plantées exerce moins d’effet sur le microbiome du sol. Les variations observées sont expliquées par l’interaction entre le traitement de gestion de la végétation et les caractéristiques de la parcelle, et corrélées aux valeurs de pH, de carbone et d’azote du sol, ainsi qu’à la végétation résiduelle. Sur le plan fonctionnel, les champignons ectomycorhiziens varient selon le type de traitement, ce qui pourrait influencer la productivité forestière et la résilience aux stress climatiques. Notre étude supporte le développement d’une sylviculture qui maintient la santé et la productivité des écosystèmes boréaux.
Spatialisation et déterminants écologiques des dendromicrohabitats en forêts feuillues aménagées du sud du Québec – Daphné Rose Courtès (maîtrise, UL), Alexis Achim (UL), Guillaume Moreau (UL), David Voyer (UL)
Ce projet de recherche vise à mieux comprendre les facteurs qui influencent la présence, la répartition et la dynamique des dendromicrohabitats (DMH) dans les forêts feuillues aménagées du sud du Québec. Plus précisément, il cherche à identifier les déterminants dendrologiques, dendrométriques, topographiques et spatiaux associés à l’occurrence des DMH avant et après l’application de différents traitements sylvicoles, dont le nouveau système de sélection vigueur-qualité (VQ). L’objectif central est de développer des modèles prédictifs permettant d’établir des liens entre les types de DMH observés (cavités, chancres, bois mort, excroissances ou structures épiphytiques) et les caractéristiques des arbres qui les portent (espèce, diamètre, vigueur, qualité) ainsi que celles de leur environnement immédiat (pente, drainage, structure du peuplement). Cette approche intégrée permettra de mieux cerner les conditions favorables au développement et au maintien de ces structures clés pour la biodiversité. Le projet inclut également une analyse spatiale fine de la distribution des DMH. Lors des inventaires de terrain, chaque arbre et chaque DMH associé ont été géolocalisés avec précision, constituant l’une des premières bases de données spatialisées de ce type pour les forêts feuillues québécoises. Cette cartographie permettra d’évaluer les patrons d’agrégation, de dispersion ou de raréfaction des microhabitats en fonction des traitements appliqués. Les résultats attendus visent à mieux comprendre l’effet des interventions forestières sur l’organisation spatiale des DMH et sur leur persistance dans le paysage exploité. Ultimement, ces connaissances serviront à orienter les pratiques de sélection des arbres vers des stratégies d’aménagement plus favorables au maintien des habitats fauniques et à la conservation de la biodiversité forestière.
Suivi des trajectoires de croissance et de la structure des forêts tempérées aménagées par coupes partielles par télédétection – Gabriel Bolduc (UL), Alexandre Morin-Bernard (UL), Yan Boucher (UQAC) et Guillaume Moreau (UL)
Les forêts tempérées du nord-est de l’Amérique du Nord sont majoritairement aménagées par coupes partielles, une approche visant à maintenir un couvert forestier permanent tout en favorisant le retour des caractéristiques propres aux vieilles forêts, essentielles à la biodiversité. Malgré plusieurs décennies de mise en œuvre, les connaissances demeurent limitées quant à la dynamique de croissance et à l’évolution de l’état de ces forêts à grande échelle, rendant difficile l’évaluation de l’efficacité des pratiques actuelles. Ce projet propose d’intégrer les données d’inventaires forestiers terrestres, l’imagerie satellitaire et les levés LiDAR aéroportés provinciaux pour documenter la croissance, la structure et la composition des peuplements après intervention. Cette approche permettra de vérifier si les coupes partielles assurent le maintien d’une structure complexe et le retour des attributs associés aux vieilles forêts. Les résultats attendus contribueront à renforcer les bases d’un aménagement forestier durable et à orienter l’évolution des pratiques sylvicoles en forêts feuillues.
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