Transition bâtiment durable 2026 : la circularité au cœur des échanges!

24 septembre 2026
Le 23 septembre 2026, l’Université Laval (Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique) a eu le plaisir d’accueillir « Transition bâtiment durable 2026 », un événement organisé par Bâtiment durable Québec en partenariat avec la Chaire de recherche du Canada en bâtiments durables de l’Université Laval, dirigée par le professeur Pierre Blanchet. Cette journée d’échanges était consacrée aux leviers permettant d’accélérer la transition vers un environnement bâti plus durable, circulaire et résilient.

Crédit photo : François Morisset

Sous le thème « Circularité des matériaux et fin de vie des bâtiments », l’événement a proposé une réflexion élargie sur la transition du secteur de la construction. Au-delà des enjeux liés à l’efficacité énergétique, les discussions ont porté sur l’ensemble du cycle de vie des bâtiments, en abordant des questions clés telles que le réemploi, la déconstruction, le recyclage, les matériaux biosourcés, le stockage du carbone et les méthodes d’évaluation de la circularité.

L’un des principaux atouts de la journée réside dans la diversité des expertises rassemblées. Chercheurs, professionnels, municipalités, organismes publics, entreprises et acteurs de l’innovation contribuent à enrichir les échanges en apportant des perspectives complémentaires. Les études de cas présentées, notamment celles d’Hydro-Québec, du Centre d’art CAB, de l’édifice F.-X.-Drolet et de la forêt Montmorency, illustrent concrètement les défis et les possibilités associés à la transition vers une économie circulaire.

Le panel consacré aux 3R (réduction, réemploi et recyclage) a constitué également un moment fort de la programmation. En mettant en dialogue des intervenants issus de différents maillons de la chaîne de valeur, il a permis d’aborder les conditions réelles de mise en œuvre de la circularité et de discuter des enjeux techniques, économiques et organisationnels qui influencent son adoption à grande échelle.

La place accordée à la recherche et à la relève mérite également d’être soulignée. Les présentations éclair témoignent du dynamisme des travaux en cours sur des thèmes tels que l’évaluation de la circularité, les matériaux biosourcés, l’architecture biophilique ainsi que les liens entre aménagement du territoire, mobilité et développement durable. Elles rappellent que la transition du secteur repose autant sur l’innovation scientifique que sur l’évolution des pratiques professionnelles. Une bourse de 1000$ a été d’ailleurs remise à Rebecca Holbach qui avait fait la meilleure présentation selon les membres du jury.

Crédit photo : François Morisset

Une vision intégrée de la circularité

Un message central s’est dégagé de la journée : la circularité doit être considérée dès la conception d’un bâtiment, et non seulement au moment de sa démolition. Le choix des matériaux, la conception, la documentation des composantes, l’entretien, les transformations futures et la déconstruction doivent ainsi être pensés dans une perspective de cycle de vie.

Le bâtiment peut alors être considéré comme une réserve de matériaux et de ressources, dont la valeur peut être préservée au fil du temps. La réhabilitation, la transformation et le réemploi deviennent ainsi des stratégies complémentaires à la construction neuve.

Si la programmation accorde une place importante aux initiatives inspirantes et aux projets exemplaires, elle soulève également une question fondamentale : celle du passage à l’échelle. Les freins liés aux coûts, aux cadres réglementaires, à la responsabilité professionnelle, à la disponibilité des matériaux de réemploi, à leur traçabilité, à leur certification ou encore aux enjeux logistiques demeurent des défis majeurs pour la généralisation des pratiques circulaires. C’est souvent à cette étape que se joue la différence entre une expérimentation réussie et une transformation durable de l’ensemble du secteur. Les échanges entourant ces enjeux étaient donc particulièrement importants pour faire progresser les solutions et favoriser leur adoption à plus grande échelle

En conclusion

Transition bâtiment durable 2026 se présente comme une occasion privilégiée de rapprocher la recherche, la pratique professionnelle et les besoins de transformation du secteur de la construction. En abordant la circularité sous de multiples angles, l’événement contribue à faire évoluer le regard porté sur les bâtiments et les matériaux, tout en posant une question fondamentale pour l’avenir du Québec : comment passer d’une logique de gestion des déchets à une véritable stratégie de conservation et de valorisation des ressources tout au long du cycle de vie du bâti ?

Cette réflexion, à la fois technique, économique et sociétale, est appelée à jouer un rôle déterminant dans la transition vers un environnement construit plus durable, plus résilient et circulaire.

Plus de détails: Bâtiment durable Québec

Rédigé par Besma Bouslimi

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