Toutes nos félicitations à Charles Breton, qui a soutenu sa thèse de doctorat en génie du bois et des matériaux biosourcés le 14 septembre 2026.Intitulée « Caractérisation de solutions constructives durables à l’échelle du parc immobilier », cette thèse vise à mieux comprendre et à réduire les impacts environnementaux du parc immobilier québécois grâce au développement d’outils permettant d’évaluer différents scénarios de construction durable. Ses travaux analysent l’évolution des bâtiments, des matériaux et de l’énergie, tout en tenant compte de leur longue durée de vie, afin de contribuer à des stratégies cohérentes avec les objectifs climatiques du Québec et du Canada.
Nous adressons également nos sincères remerciements aux membres du jury pour leur expertise et leurs précieuses contributions : Daniel Beaudoin, président du jury, André Potvin (Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design, Université Laval), Cécile Bulle (Université du Québec à Montréal) et Géraud Gatien Essoua Essoua (Vertima Inc.).
Résumé : Pour fournir leurs services essentiels, les bâtiments consomment de grandes quantités de ressources et génèrent des impacts environnementaux importants. Leurs émissions d’exploitation (ex. : chauffage, éclairage) et intrinsèques (ex. : matériaux, systèmes constructifs) totalisent près du tiers des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Toutefois, ces impacts peuvent être réduits de manière rentable par des technologies existantes, tout en générant des cobénéfices. Les bâtiments occupent donc une place centrale dans les stratégies pour limiter le réchauffement climatique à 2°C.
Malgré son fort potentiel d’atténuation, le secteur du bâtiment présente aussi un risque. La longue durée de vie des bâtiments crée une forte inertie : les impacts actuels reflètent les pratiques constructives du passé, tandis que les choix de conception faits aujourd’hui contraignent les scénarios d’atténuation futurs. Pour formuler des stratégies d’atténuation efficaces, il est essentiel de considérer adéquatement cette inertie, et notamment les compromis entre les impacts d’exploitation et les impacts intrinsèques.
Ainsi, ce projet vise à développer des connaissances et des outils pour mieux comprendre les impacts environnementaux du secteur du bâtiment à grande échelle. La démarche consiste à recueillir, colliger et analyser les données existantes sur le parc immobilier du Québec, puis à développer un modèle permettant d’évaluer les impacts environnementaux selon différents scénarios d’évolution.
La première phase du projet a permis de développer une approche innovante pour calculer le budget carbone restant des bâtiments au Canada. Les résultats suggèrent que ce budget (742–1142 MtCO2) pourrait être dépassé dès 2035. La deuxième phase a permis de calibrer un modèle d’analyse de flux de matière dynamique reproduisant l’évolution historique du parc immobilier du Québec (1608–2021), révélant des différences importantes entre les durées de vie observées et celles généralement utilisées en analyse du cycle de vie du bâtiment. La troisième phase a mené au développement d’un modèle prospectif décrivant l’évolution des flux de logements, de matière et d’énergie nécessaires pour loger la population jusqu’en 2071, selon différents scénarios.
Dans l’ensemble, cette thèse propose plusieurs contributions méthodologiques, notamment une approche fondée sur le budget carbone pour cadrer les efforts d’atténuation ainsi qu’un modèle prospectif permettant d’évaluer le potentiel, la faisabilité et la cohérence de scénarios constructifs durables pour le parc immobilier du Québec. En permettant de mieux comprendre l’empreinte environnementale des bâtiments à grande échelle, le cadre et les outils développés contribuent à un meilleur arrimage entre les stratégies d’atténuation du secteur du bâtiment et les objectifs climatiques du Québec et du Canada.